La vocation de l’éconavigation est de sensibiliser et de faire évoluer les mentalités et les pratiques des usagers et des acteurs économiques de la mer dans une démarche de développement durable et solidaire.
Et ce, afin que le respect de l’environnement soit au cœur des décisions prises dans les différents secteurs maritimes et afin d’exhorter les usagers et les professionnels à favoriser le développement de solutions plus propres.
Dans cette optique, des projets tentent ainsi de diminuer l’impact de la navigation sur l’environnement ; car, du plus petit au plus volumineux, chaque bateau est source de pollutions : gaz d’échappement du moteur, peinture de la coque, rejet des eaux usées…et dans le contexte actuel de préservation de l’environnement, l’éconavigation est un nouveau concept émergeant prometteur.
Le pôle Mer Bretagne l’a bien compris en lançant le projet Nacre, aboutissement des rencontres et des réflexions menées entre les commissions nautisme et environnement. Ce projet, concret et proche de la réalité économique, a pour ambition de concevoir un bateau propre en favorisant la coopération entre armateurs, constructeurs, entreprises de maintenance et scientifiques. Il réunit entre autres DCNS, Veolia, la Marine nationale, Louis Dreyfus Armateur, l’Ifremer et l’Ecole nationale de la marine marchande de Nantes.
Nacre a été labellisé par le pôle en février 2008 et les premières études ont démarré en 2009 ; elles ont consisté dans un premier temps à mesurer l’empreinte écologique d’un navire, c’est-à-dire l’ensemble des impacts sur l’environnement.
90% des marchandises transitent par la mer, et même si le transport maritime ne représente que 5% de la pollution du secteur (derrière les transports routier et aérien), il garde une part de responsabilité non négligeable. Diminuer, par exemple, les rejets des porte-conteneurs, toujours plus grands, serait déjà un grand pas en avant.
L’engagement de Veolia, en tant que société de gestion de l’environnement, permet d’envisager d’adapter à l’espace restreint d’un bateau des solutions maîtrisées à terre, en prévoyant notamment une station embarquée de traitement des eaux, à la fois compacte, autonome et résistante au tangage et au milieu corrosif.
Le projet d’un logiciel capable de calculer rapidement l’empreinte d’un navire permettrait également de faciliter la démarche du projet Nacre. Le but étant un transfert de technologie de la terre vers la mer.
Notons également que l’association De Navigatio, qui a vu le jour en 2002, a créé en 2008 le Réseau EcoNav ; ce collectif, qui regroupe institutions, chercheurs, industriels, associations et techniciens de la mer, a également pour ambition de sensibiliser les professionnels et le grand public à l’éconavigation. Un tel réseau permet aujourd’hui, grâce à une concertation plus efficace, la réalisation de campagnes de sensibilisation ciblées et une fédération d’idées, d’actions et de projets, porteuse de solutions nouvelles pour l’avenir.
De nombreuses possibilités d’innovation s’ouvrent donc aux chercheurs qui participent à la conception du bateau propre du futur. Une nouvelle vague se profile donc à l’horizon ! Nul doute que l’ensemble des parties prenantes et concernées y surferont pour préserver nos mers et nos océans.
GLF


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