Jugé en 2007 et désigné coupable dans l’affaire de la prolifération des algues vertes sur le littoral Atlantique, l’Etat fait appel. Mais devant les évidences et la pression générale, l’Etat a préféré se retirer et assumer son entière responsabilité dans l’affaire.
Réunis pour un second procès, l’Etat et les associations de défense de l’environnement ont finalement trouvé un terrain d’entente. En effet, l’Etat renonce à son procès en appel, suite à sa condamnation en 2007. La secrétaire d’Etat chargé de l’Ecologie, Chantal Jouanno, avait précédemment déclaré être « plutôt favorable » au retrait de l’appel, affirmant qu’elle était « toujours sur la même ligne ». C’est donc de manière implicite que l’Etat reconnait ici sa culpabilité face au phénomène de prolifération des algues vertes.
En 2007, les tribunaux avaient dénoncé la « carence » de l’Etat en matière de protection de l’eau mais aussi son retard sur le plan des normes européennes dans ce domaine. Les conclusions du rapport public, Sébastien Degommier, ont clairement prouvé la responsabilité de l’Etat dans la prolifération des algues vertes sur le littoral Atlantique, et ce même si il a scientifiquement été établi que la pollution responsable des marées vertes était à 90% due aux rejets de nitrates des agriculteurs. Ces derniers ne seraient pas suffisamment contrôlés et sanctionnés en cas de dérapage, contrairement à nos voisins européens, et en 2007 la France avait déjà été sanctionnée par la Cour Européenne.
En France, la condamnation de l’Etat est un exemple pédagogique, qui devrait « inciter davantage les autorités compétentes à mettre tout en œuvre pour combattre le phénomène des marées vertes » ajoute Sébastien Degommier. En effet, « la condamnation de l’Etat n’est pas une fin en soi » clament les portes paroles des associations pour l’environnement, « ce que l’on veut c’est un changement de politique radical, pour que l’environnement prime enfin sur l’agriculture intensive ».
La polémique avait été relancée avec la mort d’un cheval englué dans les algues vertes sur une plage des Côtes-d’Armor et en septembre 300 plaintes avaient été déposées contre le préfet pour mise en danger de la vie d’autrui. Mais de fait, cette polémique est vieille de 30 ans et ne semble être tranchée que maintenant.
Roxane, programme SUP, 1ère année


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