Les ruminants sont responsables de 16% des émissions de méthane en général et de 37% des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. De tous ces animaux d’élevage, la vache est la plus « polluante » puisqu’elle émet en moyenne de 100 à 500 litres de méthane par jour, soit en moyenne 115 kg par an.
Les vaches mangent en effet des végétaux (herbe, foin, luzerne…) qui produisent de la cellulose et de l’amidon, transformés ensuite par l’organisme en glucose. Le glucose va alors fermenter grâce à l’action de des micro-organismes présents dans le système digestif des bovins. La « chaîne » se poursuit par la production d’acides gras volatils (acétate, propionate, butyrate), de dioxyde de carbone, et de dihydrogène.
Les acides gras volatils ont pour fonction de fournir de l’énergie à la vache, mais l’excès de dihydrogène, susceptible d’engendrer des dommages à l’estomac, doit obligatoirement être éliminé au fur et à mesure de son apparition. C’est le rôle du dioxyde de carbone, associé à des micro-organismes hydrogénophages. Tout ce processus digestif aboutit à la formation du méthane.
Le méthane se forme dans le rumen (la panse), le premier des estomacs, situé au début du système digestif. Le méthane passe ensuite dans le sang, puis dans les poumons, avant d’être rejeté dans l’atmosphère par voix orale, par le biais d’éructations (95%).
Contrairement à bien des idées reçues, le méthane est donc très peu rejeté par les flatulences, qui ne représentent que moins de 5% de la pollution créée par la vache, mais bel et bien par les rots de l’animal…
Trois experts français, dont le climatologue Hervé Le Treut qui participe aux travaux du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur le rôle gravement sous-estimé selon eux du méthane dans le réchauffement, dans un article publié en mars 2008 par le mensuel La Recherche. Ils pointaient alors entre autres la responsabilité des bovins en particulier, et de l’élevage des ruminants en général.

