Nantes est devenue, au fil des ans et de l’intervention de l’homme, une ville qui ressent de plus en plus les effets de l’océan. Marée et salinité accompagnent en effet la Loire de plus en plus loin dans les terres. Voici quelques clefs pour en comprendre le fonctionnement.
La Loire… Atlantique !
L’estuaire est le lieu de rencontre de l’énergie du fleuve (le débit) et de la mer (la marée). Ce point de rencontre se déplace continuellement en fonction des fluctuations de l’amplitude de la marée, du débit fluvial et des conditions météorologiques. En remontant l’estuaire depuis l’embouchure, l’influence de la mer (marée et salinité) diminue progressivement.
Le marnage
Il s’agit de la différence de hauteur d'eau mesurée entre les niveaux d'une pleine mer et d'une basse mer consécutives, mais aussi les fluctuations du niveau de l'eau dans les cours d'eau, canaux et bassins, et le dénivelé sur lequel se font ces fluctuations. Nantes connaît les mêmes variations de hauteur que Saint-Nazaire, avec un décalage. Le marnage à Nantes peut aller jusqu'à 6 m. « Ce n'était pas vrai au début du siècle » explique Bernard Prud'homme Lacroix, directeur du Groupement d'intérêt public (GIP) Loire-Estuaire. « Le marnage tournait autour de 2,60 m. »
Le coefficient de marée.
C'est l'ordre de grandeur indiquant l'importance des marées en fonction de la position de la lune et du soleil. Le coefficient varie entre 20 et 120. À faible coefficient de marée correspond un faible marnage. Le sel accompagne la pénétration de l’onde de marée dans l’estuaire et cela, de manière croissante. La prise d’eau potable a dû être déplacée de Nantes à Mauves (elle se trouve, aujourd’hui, complètement à l’abri). Cette remontée des salinités menace toujours les prises d’eau pour l’agriculture et les marais.
Étiage et bouchon vaseux.
L'étiage, c'est le contraire de la crue, le plus bas niveau des eaux. L'été y est propice, du fait d'une plus forte évaporation et de plus faibles précipitations. Dans les estuaires, il existe généralement une zone où les sédiments fins en suspension sont fortement concentrés. Dans celui de la Loire, on observe la remontée de ce « bouchon vaseux » à l'étiage. D'où une couleur marron verdâtre de l'eau. Le bouchon vaseux diminue la quantité d'oxygène présente dans l'eau et dégrade les matières organiques, végétales. Il est à noté que l’on observe l’augmentation du volume et de l’extension de ce bouchon vaseux.
Un estuaire profondément transformé, modifié et… perturbé !
Depuis la fin du XIXe siècle, la Loire a été aménagée pour favoriser la navigation commerciale et protéger les riverains des inondations. La construction des épis qui concentrent le débit dans le chenal et les extractions massives du sable du lit ont conduit à un abaissement très important des fonds.
Au 19e siècle, la doctrine du resserrement tendait à projeter le fleuve vers la mer par un chenal unique. C’est une période de « chenalisation » : comblement de bras et suppression des îles, construction des digues longitudinales. Ce fut un échec.
À la fin du 19e siècle, la construction du canal latéral double la partie intermédiaire de l’estuaire. Le fleuve est dépossédé de sa fonction de voie navigable. Mais l’évolution des techniques de construction et de motorisation autorise des bateaux plus gros, avec des tirants d’eau plus importants. Le canal devient rapidement obsolète. Il en subsistera, pour les générations futures, un patrimoine historique hydraulique exceptionnel.
Enfin au 20e siècle, la doctrine de l’ouverture repose sur le principe suivant : faire remonter et conserver l’énergie de la marée le plus loin possible vers l’amont. Pour que Nantes reste un port maritime, il fallait que la mer remonte jusqu’à ses quais. Trois actions sont conjuguées : donner à l’estuaire une forme en entonnoir ; creuser le chenal et limiter les frottements latéraux ; réaliser un bassin de marée en amont de Nantes pour faciliter l’auto dragage. Ces profondes transformations dans la géométrie du fleuve, tant latéralement que longitudinalement, ont eu des conséquences lourdes sur le fonctionnement de la Loire et de son estuaire, provoquant des déséquilibres durables.
Au cours du siècle dernier, auront été extraits plus de 450 millions de m3 de sédiments du fond du lit, quatre fois plus que ce que la Loire pouvait apporter naturellement.
Les constats sont établis, les diagnostics partagés, reste à répondre à la question : que faire ?
L’enjeu est d’appréhender l’estuaire sur les 140 km de parcours de la Maine à la mer dans l’ensemble de ses composantes (hydrauliques, sédimentaires, morphologiques). Les élus des collectivités estuariennes travaillent sur ces sujets grâce à la modélisation des grands paramètres estuariens, qui simule leurs évolutions et donne la possibilité de tester plusieurs propositions de restauration, voire de les combiner.
Sources:
http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-L-ete-a-Nantes-la-Loire-decouvre-ses-fonds-_loc-1453220_actu.Htm
http://www.revue-placepublique.fr/Sommaires/Articles/staebler.html
Rapport du PROGRAMME INTERREGIONAL LOIRE GRANDEUR NATURE/PROGRAMME AMONT
Restauration des milieux naturels, restauration de la ligne d’étiage en basse Loire.
Présentation au Comité consultatif de l’état d’avancement des études pré-opérationnelles. Lundi 13 janvier 2003.

Après avoir été l’une des premières villes à favoriser les déplacements « écologiques » et économiques avec le tramway, le bicloo et le busway, et à permettre à ses habitants de trier leurs déchets, le Conseil Général à jeté son dévolu c’est cette fois-ci sur les bâtiments.